L’initiative ChaMo encourage les projets innovants et socialement utiles

13 février 2017

Cette année, deux étudiantes du master IPI (Ingénierie de Projets Innovants) Alice-Anne et Patricia, ont pu profiter du soutien de l’initiative ChaMo pour développer leur projet.

Petit point d’explication sur l’initiative ChaMo :

Depuis plusieurs années, des membres de la « communauté IPI » (l’ensemble des promotions du Master Ingénierie de Projets Innovants) souhaitent trouver des « solutions pérennes et structurées permettant de fédérer la communauté IPI ». Charlotte, IPI 8, avait initié un groupe de travail à cette fin en 2014. Charlotte, véritable meneuse créative, a disparu lors des attentats de novembre 2015 à Paris.

Financée grâce à des dons par une campagne soutenue par la Fondation de l’Université de Strasbourg, l’initiative ChaMo souhaite rendre hommage à Charlotte en développant ce projet qui lui tenait à cœur et soutenir les valeurs d'échange, d'appui et d'aide qu’elle portait, pour tirer profit des compétences et expériences de chacun.

Impossible cette année de départager Alice-Anne et Patricia dont les projets collent parfaitement aux valeurs de Charlotte. C’est pourquoi le jury, composé des responsables du master et d’enseignants mais surtout de la mère de Charlotte, a décidé de partager entre elles-deux la dotation afin de lancer leur projet !

Alice-anne IPIAlice-Anne est docteur en sciences de la vie, spécialisée sur le paludisme. Après avoir validé son doctorat, elle ne se voyait pas rester dans un laboratoire car elle avait besoin de se rendre sur le terrain afin d’être utile le plus rapidement possible.  « Dans un laboratoire, ce que je pourrais faire, même si tout se passait bien, prendrait plus de 15 ans avant d’avoir un médicament sur le marché. Sur le terrain, l’impact est plus rapide… »

En rejoignant le master IPI, son projet était donc de se doter des compétences nécessaires à la gestion de projet afin de prendre du recul et d’avoir une vision globale. Pour le futur, elle a le choix, soit rejoindre une ONG pour développer et faciliter l’accès aux médicaments, soit s’embarquer dans l’aventure des start-ups : « il y a des choses fantastiques qui sont réalisées par des petites structures, comme des pièges à moustiques diffusant une molécule provenant de fromage qui sont particulièrement efficaces ! ».

L’argent reçu va surtout lui servir à couvrir les frais de déplacement pour rencontrer les acteurs du développement.

Patricia IPIPatricia est docteur en bio-chimie. Originaire du Cameroun, elle a fait toutes ses études en France et c’est en côtoyant d’autres étudiants originaires d’Afrique qu’elle a pris conscience d’une problématique grandissante : nombre d’entre eux ne retourneront pas vivre dans leur pays d’origine, et cela participe à un appauvrissement d’expertise, une fuite des cerveaux.

Son projet est associatif, et cherche une solution pour réinvestir ce savoir en Afrique, sans forcément demander aux diplômés de retourner dans leur pays d’origine.

Aujourd’hui l’association ADDA (Association des Diplômés de la Diaspora Africaine) existe.

« Moi-même au cours de mes études, je n’ai pas été informée de toutes les actions associatives qui existent afin de développer des projets vers l’Afrique. C’est donc de là que m’est venue l’idée de créer un réseau entre les diplômés de différentes origines africaines et les associations déjà existantes. On s’imaginait créer des groupes de réflexion et aussi proposer des conférences-débats en invitant des experts pour connaitre tout ce qui peut se faire. »

Pour le moment beaucoup de projets ont été initiés mais n’ont pas encore été concrétisés. L’initiative ChaMo va donc pouvoir aider à dynamiser l’association, en permettant notamment de développer la communication.  

Le Master Ingénierie des Projets Innovants est destiné à des doctorants ou ingénieurs qui souhaitent acquérir de nouvelles compétences en management de projets innovants. Grâce à des promotion de taille idéale (entre 12 et 15 étudiants par année) une vraie cohésion se crée entre les étudiants et a permis de développer une petite communauté d’entraide entre les diplômés au fil des années.